Facteur numéro un des incompréhensions : la dissonance cognitive.
Facteur numéro un des incom-préhensions : la dissonance cognitive.
4 avril 2025
Les individus représentent souvent le principal obstacle à la réussite des fusions, acquisitions et cessions, principalement en raison des dissonances cognitives.
Selon une étude de McKinsey, près de 70 % des fusions et acquisitions échouent à atteindre leurs objectifs, et l’un des principaux facteurs de cet échec réside dans la résistance au changement au sein des équipes. La dissonance cognitive, qui se manifeste lorsqu’il y a incohérence entre les croyances des employés et les nouvelles réalités post-transformation, freine l’adoption des stratégies et nuit à l’intégration des équipes.
Comprendre et anticiper ce phénomène est essentiel, en évaluant les risques humains, sociaux et managériaux, cela permettra la réussite de votre projet de transfert.

Qu’est-ce que la dissonance cognitive ?
La dissonance cognitive est un concept fondamental en psychologie, introduit par le psychologue Léon Festinger en 1957. Il décrit un état de tension mentale qui survient lorsqu’une personne est confrontée à des informations, des croyances ou des comportements contradictoires avec ses propres convictions. Cette incohérence crée un inconfort psychologique que nous cherchons instinctivement à résoudre.
L’origine scientifique de la dissonance cognitive
Festinger a mis en évidence que notre cerveau n’aime pas les contradictions. Lorsque nous sommes face à une situation incohérente, nous ressentons un malaise qui nous pousse à modifier soit nos croyances, soit nos actions pour retrouver une harmonie mentale.
Un phénomène mesurable
En psychologie, la dissonance cognitive est souvent décrite comme un conflit interne. En neuropsychologie, elle est analysée pour comprendre quelles zones du cerveau sont activées lorsqu’un individu est exposé à des messages contradictoires. Enfin, en neurolinguistique, on observe que la dissonance peut provenir de simples signaux visuels ou auditifs.
Un exemple concret :
Vous êtes en conversation avec une personne qui vous dit : « Tu peux me faire confiance, je suis là pour toi ! », en répondant à un texto sur son téléphone…
Votre cerveau capte alors un décalage : ce qu’elle dit ne correspond pas à ce qu’elle fait.
Cette incohérence active un mécanisme de doute et de méfiance.
Les composantes de la communication et la dissonance cognitive
Nos interactions se basent sur trois niveaux de communication :
- 7 % de communication verbale (les mots que l’on dit),
- 38 % de communication para-verbale (ton de voix, intonation, rythme),
- 55 % de communication non-verbale (gestes, posture, regard).
Lorsqu’un discours ne s’aligne pas avec le langage corporel ou l’intonation, une dissonance cognitive peut apparaître, provoquant un sentiment de confusion ou de rejet.
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La dissonance cognitive dans le quotidien
Nous vivons tous des situations où la dissonance cognitive s’impose :
- Un fumeur qui sait que fumer est mauvais pour la santé mais qui continue en trouvant des excuses (« On doit bien mourir de quelque chose ! »).
- Quelqu’un qui se dit écologique mais prend l’avion plusieurs fois par an.
Dans ces cas, l’individu va soit modifier son comportement, soit réajuster ses croyances pour réduire l’inconfort mental.
La dissonance cognitive dans les relations en entreprise
En entreprise, la dissonance cognitive peut avoir des conséquences importantes sur l’engagement des employés et la culture de l’entreprise. Voici quelques situations typiques :
- Un manager qui prône la « transparence », mais qui cache des informations essentielles à son équipe.
- Une entreprise qui encourage l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle, mais impose des horaires de travail excessifs.
- Un employeur qui promet des promotions méritocratiques, mais favorise le copinage et les jeux politiques.
Ces contradictions génèrent du scepticisme, de la frustration et une perte de motivation chez les salariés. L’incohérence entre les discours et les actions affaiblit la confiance et peut conduire à un turn-over élevé.
Comment réduire la dissonance cognitive en entreprise ?
- Aligner les discours avec les actions : Les leaders doivent incarner les valeurs qu’ils prônent.
- Encourager une communication honnête : Il est préférable d’admettre les difficultés plutôt que de cacher des informations.
- Favoriser la cohérence entre politiques internes et réalité terrain : Par exemple, si une entreprise promeut la qualité de vie au travail, elle doit offrir des conditions qui la favorisent réellement.
- Valoriser un leadership authentique : Les dirigeants doivent être exemplaires et cohérents dans leurs décisions.
Un alignement réel entre valeurs, communication et pratiques renforce la confiance et l’engagement des salariés.
Conclusion
La dissonance cognitive est un phénomène psychologique puissant qui influe sur nos décisions et nos interactions. Comprendre ce mécanisme permet non seulement d’analyser ses propres contradictions, mais aussi d’améliorer la communication en entreprise. Une entreprise qui s’aligne sur des valeurs cohérentes gagne en crédibilité et en confiance.
Roméo & Colette
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